Au Sénégal les wolofs les appellent Ndiago, les français manjaque et les portugais manjaco. Mais les manjaques eux même s’ appellent manjaku, terme qui signifie, « je te dis ».

Leur langue est fortement influencée par 3 langues: le portugais à cause d’ une longue période de colonisation. L’ institution des écoles dans les villages a contribué fortement à influencé la langue manjaku. Il y a aussi l’obligation de changer l’identité des manjakus en inscrivant partout pour chaque individu des noms portugais que beaucoup de manjaku portent toujours. Une obligation qui nous rappelle sans ambages les propriétaires d’ esclaves dans le passé qui donnaient leurs noms aux esclaves qu’ils ont achetés. Des noms comme Mendy, Mendes, Gomes, Gomis, Correa, Dacosta, Pereira, Dasylva, Ferreira etc. Mais beaucoup de manjakus aujourd’hui ont des noms typiquement manjaku. Des noms et des prénoms qui ne sont pas de simples étiquettes mais qui sont riches de sens.

Le mariage

Le mariage est l’une des choses les plus importantes chez le manjaku. Pour ce dernier il permet de perpétuer la lignée familiale (une raison très importante à laquelle il est très attaché). L’idéal serait donc de trouver une femme au sein de l’ethnie. D’autres critères que nous verrons viendront se greffer à ce critère et permettre ainsi à l’homme et à la femme d’avoir un mariage idéal selon la tradition manjaku.
Le mariage constitue c’est vrai l’union de 2 personnes pour la vie mais également la fusion de 2 familles qui vont désormais tout partager. Ces deux familles prépareront le mariage mais ils ne seraient pas les seules. Les esprits des ancêtres seraient de la partie pour sceller cette union et bénir le futur couple.
Nous allons donc voir dans un premier temps, comment se faisait le mariage autrefois et ensuite parler du mariage par alliance.

Le mariage autrefois

Dans le passé, quand un garçon désirait se marier il devait d’ abord en parler avec ses parents surtout s’ il pensait à une femme en particulier. Alors ceux ci vont faire des recherches dans la famille de la fille en question. Il fallait fouiller dans le passé de sa famille pour voir si ses parents ou ses grands parents n’avaient pas été impliqués dans des affaires graves ou louches qui pourraient avoir des conséquences sur la progéniture du futur couple ou même sur la personne de la femme.
Ces graves affaires pourraient être l’anthropophagie, l’envoûtement, la sorcellerie, le meurtre etc. La plupart du temps si le responsable a échappé à une punition de son vivant, ses enfants ou ses petits enfants paieront à sa place par de multiples sacrifices de chèvres, de porcs ou même de bœufs et parfois par la mort de l’un d’eux. Les parents pourront alors demander à certaines personnes âgées du village qui n’ont pas de liens familiaux ou de liens d’amitié avec la famille de la femme qui pourraient peut être leur fournir quelques renseignements. En outre ils iront consulter le devin, « napene » par ce que la plupart de ces fautes graves que nous avons cité plus haut relève du domaine spirituel. C’est donc après ces investigations que les parents pourront dire à leur fils si oui ou non ils devraient tenter de demander la main de la jeune fille.
Avec le temps les familles ont jugé bon de limiter le mariage dans les familles amies qui sont vraiment dignes de confiance: c’est la naissance des mariages par alliance.

Le mariage par alliance

Autrefois des amis étaient comme des frères. Pour étaler cette amitié au niveau de leur famille afin de la pérenniser même après leur mort, des amis pensaient à unir leurs enfants par les liens du mariage.
Elles pensaient que c’était plus sûr de se lier avec des familles qu’ils connaissaient déjà que de se livrer à des recherches sur des familles quelles ne connaissaient pas parfaitement.
On pouvait voir plusieurs cas:
-Quelqu’un pouvait promettre au fils de son ami une fille qui n’était pas encore née. Dans ce cas le jeune homme devait être patient. Si la femme de cet homme donne naissance à un garçon, on lui disait de patienter encore jusqu’au jour où la femme donnera naissance à une fille.
-Une petite fille pouvait être promise à un jeune homme
-Deux enfants pouvaient être promis en mariage.
Dans tous les cas le jeune garçon devenu adulte, dès lors qu’on lui avait promis une fille, devait régulièrement travailler pour son futur gendre même si la femme qu’on ne lui avait promise n’était pas encore née.

Source : www.kandeer-manjaku.com