Niger : « Des Scolaires vaccinées contre la grossesse »

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  • Catégorie : Faits divers

fille-vaccineeCe discours est aujourd’hui entretenu tant par les scolaires eux-mêmes que par leurs parents. En effet, le ministère de la santé organise régulièrement des campagnes de vaccinations dans les établissements scolaires ; des vaccinations que ni concernent que les jeunes filles et qui portent, dit-on, sur le tétanos.

Ces vaccinations soulèvent aujourd’hui une grande polémique : pourquoi s’acharne-t-on à ne vacciner rien que les jeunes filles contre cette maladie alors même que d’autres maladies plus endémiques existent ? Le paludisme par exemple cause énormément de ravages dans le pays ; pourquoi alors ne pas distribuer du cortex à la population ? Ces interrogations ont fait que les parents et les jeunes filles elles-mêmes ont commencé à se faire des idées sur leur réalité. On pense, de bonne guerre, qu’elles sont destinées à empêcher aux jeunes filles de procréer ; plus grave, certaines filles pensent naïvement que ces vaccinations sont des contraceptifs qu’on leur administre. Hawa ne dira pas le contraire, la pauvre grand-mère de Fati.

Depuis la mort des parents de Fati, la vieille Hawa vit en compagnie de sa petite fille à laquelle elle a juré de donner une éducation exemplaire. Elle veille au grain sur les comportements de sa petite fille, allant jusqu’à contrôler son cycle menstruel. Chaque 23 du mois, Hawa coince Fati dans la chambre et l’oblige à lui montrer son linge sale. Les compagnies de Fati sont suivies par Hawa. Il suffit qu’elle soupçonne une amie de sa petite fille pour qu’elle lui interdise de la fréquenter. Hawa  entretient un petit commerce avec lequel elle assure tous les besoins de Fati. Fati ne manquait absolument de rien. Un jour pourtant, ayant constaté que sa petite avait sauté un mois, Hawa se décida à lui faire voir de toutes les couleurs. Elle la coinça dans la chambre et se mit à la battre.

En pleurs, Fati expliqua à sa grand-mère ce qui lui était arrivé. « On leur aurait administré un vaccin à l’école qui retarde les menstrues. ». Sans chercher à vérifier, Hawa s’excusa auprès de sa petite fille. Elle regretta même sa réaction violente vis-à-vis de la seule personne qui lui reste au monde. Au troisième mois, Fati n’avait toujours pas vu ses menstrues. Hawa s’en inquiéta et elle reçut les mêmes explications de sa petite fille : « C’est dû à ce fameux vaccin qu’on leur a inoculé à l’école ». Hawa n’en pouvait plus. Elle se renseigna et on lui présenta une femme du quartier qui avait participé à cette campagne de vaccination. Hawa ramassa la femme comme il faut avant de faire une descente tonitruante à l’école de Fati. Elle cracha toute sa bile sur le proviseur qui, imperturbable, la suivait dans ses vociférations.

Quand elle se calma, le proviseur envoya chercher la jeune fille. Il prit à témoin une vieille surveillante qui assista à la discussion. Quand tout fut terminé, la surveillante prit le proviseur en aparté et lui fit comprendre que la jeune fille portait un début de grossesse. Le proviseur décida d’envoyer Fati à la maternité pour des examens. Le lendemain, Fati et sa grand-mère se présentèrent à l’école sur convocation du proviseur. Interrogé sur l’origine de sa grossesse, Fati jurait qu’elle ne pouvait pas tomber enceinte car elle avait bien été vaccinée. C’est alors que le proviseur rappela à tous que : « La vaccination n’est pas une contraception ; c’et contre le tétanos ».

Très vite, il envoya un surveillant passer classe par classe pour arrêter les dégâts. Et ils sont nombreux ces dégâts car, au moins trois filles avaient reconnu être dans le cas de Fati : enceintes malgré la vaccination…
A propos de l'auteur

NAMEWA (Le Monde d’aujourd’hui N°71 du MERCREDI 9 AVRIL 2014)  

Source : tamtaminfo.com

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